Feuilles d’automne, températures en baisse, premières gelées du matin. Aucun doute: l’hivers approche à grand pas. Et quoi de plus naturel me direz-vous ? Et bien rien, si ce n’est que la période hivernale impacte nos véhicules électriques bien plus qu’elle n’impacte nos thermiques; lesquels ironiquement ont eut tendance à faire disparaître tous les hivers rudes que nous avions pu connaître il y a plus de vingts ans de cela. Vous l’aurez compris, je fais allusion au dérèglement climatique, et même si l’automobile individuelle n’est pas la seule responsable, elle est une actrice majeure dans les désastres naturels et sanitaires qui nous attendent si nous ne changeons pas nos habitudes sur ce point très rapidement. J’arrête de digresser et reviens au sujet principal de cet article – vous l’aurez deviné – consacré à la préparation nécessaire qui nous attends tous, utilisateurs de véhicules électriques, c’est à dire la préparation au froid !

Autonomie

De façon générale, la première chose qu’un acheteur de véhicule électrique doit savoir, c’est que le froid et les batteries, ce n’est pas le grand amour. N’ayant pas vécu le phénomène moi-même car étant jeune rouleur électrique – quatre mois – cela ne m’a pas empêché de partir à la pêche aux informations dès que j’ai initié le projet BMW i3 – il y a un an et demi – pour voir si j’allais quand même pouvoir utiliser cette merveille durant les trois mois les plus froid de l’année.

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Cette pêche aux informations s’est traduite par la récupération de récits qu’ils eut été Canadiens, Norvégiens ou autre, en tout cas venant de contrées où les hivers sont encore rudes, très rudes. Des températures proche des -20 degrés et des tempêtes de neiges: les premiers utilisateurs d’i3 sont déjà passés par là avec deux hivers à leur actif. Pas de problème en perspective du moment que l’équipement reste adéquate – pneus hivers, chaînes et pelle à neige au besoin – mais sans aller dans les extrêmes, j’ai pu récupérer récemment sur le groupe Facebook UK BMW i3 (avec la permission de son créateur) un graphique intéressant représentant l’autonomie moyenne enregistrée tout au long de l’année. De quoi vous montrer que la perte d’autonomie reste importante en hiver.

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Autonomie moyenne constatée selon températures extérieurs sur BMW i3 60 Ah

Sur le graphique ci-dessus, il est important de préciser que ces mesures ont été prises sur un modèle BEV (sans le prolongateur d’autonomie ou « REX »), en enlevant les 10% de relevés minimum et maximum pour en faire une moyenne. Selon votre style de conduite, vous pouvez adapter et surtout, si vous avec un REX, vous devrez enlever 10% d’autonomie; perte dû au poids supplémentaire (120 kg). Dernier point pour les derniers acquéreurs de la version 2017 – 94 Ah : rajoutez environ 45% à ces chiffres.

Alors non, vous ne rêvez pas, la perte d’autonomie en hivers, sur des batteries non préchauffées, peut s’élever à près de 40%. Cela reste un cas un peu extrême mais disons qu’en moyenne, une nuit bien froide vous fera perdre environ 30% d’autonomie. Problématique pour les anciennes générations de batteries, cette perte devient un peu moins contraignante avec l’augmentation de la capacité de celles-ci. Typiquement, hors autoroute, si vous allez, ou venez, d’acquérir la toute nouvelle BMW i3 94 Ah, vous avez entre le printemps et l’automne environ 200 à 250 km d’autonomie. Et bien en hivers, il faudra compter 150 km si votre voiture dort dehors.

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Autonomie BMW i3 2017 – 94 Ah / 33 kWh (source BMW)

Alors quels sont les moyens à mettre en oeuvre pour diminuer la perte d’autonomie en hivers ? En réalité, ce n’est pas très compliqué et cela vaut pour tous les véhicules électriques du marché. Plusieurs facteurs entrent alors en ligne de mire:

  1. Dormir dans un garage
    • Solution la plus simple lorsque l’on en a la possibilité: laisser sa voiture au garage…le votre, pas celui du mécanicien ! La voiture et donc la batterie seront certainement maintenu aux alentours de 12 à 16 degrés. De quoi largement diminuer l’impacte d’une nuit aux température négatives.
  2. Préchauffage des batteries
    • Fonction largement répandue sur les modèles électriques récents, le préchauffage de la batterie est généralement possible si le véhicule est connecté pour la recharge. Sur notre i3, seule une wallbox vous permettra d’utiliser cette fonction sans perte d’autonomie sur votre batterie car la charge lente avec votre CRO (Câble de Recharge Occasionnel) ne sera pas assez puissante pour cela. Le préchauffage des batteries, comme son nom l’indique, se contente d’amener vos batteries vers des températures permettant une autonomie optimale. Que votre voiture soit garée à l’extérieur ou non, du moment que vous avez une puissance de charge nécessaire, vous pourrez bénéficier de cet outil bien pratique.
  3. Sièges chauffants (option)
    • Si vous avez pris l’option sièges chauffants, au lieu d’utiliser le chauffage – car celui-ci consomme énormément d’énergie, servez-vous de cette fonction, beaucoup plus économe. Pour anecdote, à chaque degré monté au niveau du climatiseur, je perds 4 km d’autonomie estimée sur mon ordinateur de bord. C’est radical.
  4. Pompe à Chaleur (option)
    • Si vous ne pouvez pas vous passer de la climatisation et que vous avez pris le modèle BEV et non la REX, vous pouvez optez également pour l’option de la pompe à chaleur. Cette pompe à chaleur vous fera dépenser entre 50 et 70% d’énergie en moins pour le fonctionnement du chauffage et reste un must-have en hivers si vos déplacements risquent de prendre toute l’autonomie de votre batterie. Faites vos calculs car si vous devez faire 120 km par jour, sans recharge possible sur site, avec une nouvelle BMW i3 2017 94Ah, et prendre l’autoroute sur 90% du trajet, l’option pompe à chaleur sera indispensable en hivers… sauf si votre voiture dors dans un garage la nuit et qu’en journée vous êtes garé dans un parking souterrain. Il faut simplement bien calculer son affaire car faire l’impasse sur une option peu onéreuse pour finir par galérer quotidiennement, ce n’est pas très agréable et vous risqueriez de regretter votre achat.

Pneus neige

Éléments indispensables si vous n’habitez pas au bord de la mer – et encore que – les pneus « hivers » sont à la voiture ce que les raquettes sont aux randonneurs des neiges. Sans eux, pas de maîtrise mais seulement des glissades incontrôlées qui vous ferons passer, au mieux, pour une patineur à glace débutant, au pire, pour un imbécile inconscient. Petit problème cependant concernant notre chère i3 : les dimensions exotiques de nos pneus. Grand diamètre et petite largeur en font un élément difficile à trouver. Il n’existe que très peu de marques actuellement qui produisent ceux-ci. paris-2014-bridgestone-ologic-ecopia-004Vous les trouverez sur allopneus, 123pneu et autres sites de vente de pneus sur internet. Les marques: Continental, Nokian et Bridgestone sont les fabricants et votre budget sera très rapidement cerné. Comptez environ 130 euros le pneu pour les Continental, 140 euros pour les Bridgestone, et dans les 180 euros pour les Nokian. Ces prix peuvent varier en fonction des promotions bien évidemment mais ça vous donnera un ordre d’idée.

Concernant la taille des pneumatiques, elle varie seulement pour les pneus « été » entre les possesseurs du modèle tout électrique (155/70 R19 pour avant et arrière) et ceux possédant le Prolongateur d’Autonomie (REX) qui sont différents pour l’arrière à cause du surpoids avec des 175/65 R19. [EDIT BRICE: Voir article La Ronde des Pneus] Puis vous avez les modèles 20 pouces également pour l’été avec leur propre dimension. En hivers, nous nous rejoignons tous sur le même tableau car seuls les pneus hivers au format 19 pouces existent pour notre i3. La dimension en question est donc la suivante: 155/70 R19 que ce soit pour l’avant ou l’arrière, REX ou pas REX. Les pneus s’adaptent sur les même jantes 19 pouces quoi qu’il arrive car ils ont été homologués ainsi.

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Source image: rezulteo-tyres.co.uk

Niveau efficacité, les différents retours vu ici et là sur Internet donnent les Nokian Hakkapeliitta R2 sont plus performants en tenue de route – et notés « AAA » – lors de conditions avec neige, mais leurs sillons étant plus marqués ils s’useront également un peu plus vite. Les continentals et Bridgestone sont un peu plus passe partout avec une efficacité légèrement moindre sur la neige mais plus importante par temps sec. A vous de privilégié l’un ou l’autre en fonction de votre environnement et votre style de conduite. Les pilotes de rally en herbe opterons sûrement pour les Nokian quoi qu’il arrive. Je vous suggère – pour les anglophones – d’aller jeter un œil sur cet excellent article du blog bmwblog qui parle des Nokian Hakkapeliitta et des Bridgestone Blizzak. C’est ici que ça se passe.

Tenue de route

LA grande inconnue, pour moi. Comment se comporter sur la neige – voir un un sol verglacé – avec cette i3 ? D’expérience de conducteur presque aguerri avec 15 années de conduite au compteur, je répondrai évidemment « avec lenteur et prudence ». Le piège principal est évident cela dit, car avec une motorisation type propulsion à la BMW et une puissance mise à disposition immédiatement, il doit être très facile de se retrouver à faire des cercles en dérapant. Et un joli tête à queue ! Un ! Mais c’est sans compter sur toutes les assistances électroniques d’aide à la conduite que BMW à mis en place et qui m’aiderons, UN PEU, à rester dans le droit chemin. Conseil tout de même que je pourrai d’avance donner: utiliser le mode éco-pro car celui-ci est très doux lors de l’accélération et facilitera grandement les déplacements sur ce beau manteau neigeux. Pour la partie régénération et donc « freinage » si je peux l’appeler ainsi, c’est là le grand mystère et je ne manquerai pas de vous donner mon ressenti dès que les premiers flocons auront tapisser le paysage. Seul conseil ou astuce reçue par BMW lors de la prise de possession du véhicule: on peut désactiver l’antipatinage (ou est-ce le régulateur de la traction… j’ai un doute). En gros, pour plus de contrôle « personnel » ou « à la main » et moins de gestion électronique, on peut désactiver une fonction mais je dois reconnaître que j’ai eut l’impression que c’était plus pour le côté fun sportif que pour la sécurité… Qui vivra verra… ou qui jouera ne vivra pas…

Je vais arrêter là pour aujourd’hui concernant ce chapitre « préparation à l’hivers » mais j’aurai l’occasion d’y revenir avec quelques accessoires indispensables et des conseils d’entretient de base pour votre véhicule car on n’oublie souvent que rouler en hivers, même sans neige, peut avoir de sérieuses conséquences sur l’état de santé de votre bolide.

Je vous dis à très vite et portez vous bien !

Brice

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